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donderdag 7 augustus 2014

Collaborations in mail art, FRIOUR book edition




























About this book, a comment in French I wrote for a friend

Cher Ferid,

Comment écrire un texte autour du livre « Collaborations en art postal » qui explique tout et qui ne veut expliquer rien ?

ASEMICS (the little book of Asemics = le petit livre d’Asemics, voir la couverture du livre) est un mot inventé et utilisé par différents artistes dans le monde entier et qui indique un langage sans clef, sans codes, sans dictionnaire pratique possible, donc sans possibilités de traduction exacte et à la lettre, sauf dans le vocabulaire bizarre et le langage voilé de l’image visuelle, peut-être.

COLLABORATION est un mot que je voudrais mettre en évidence et qui pour moi a un sens positif, pas du tout négatif !
Le collaborateur n’est pas un ennemi de guerre (je laisse cette interprétation dégoûtante aux manipulateurs de l’info au pouvoir qui poussent les gens sans cesse aux querelles et guerres contre leurs propres intérêts mais bien pour les intérêts des autres, les riches en argent mais sans aucune richesse dans le cœur ou l’âme).
Le collaborateur est un allié et avant tout un ami et un partisan de la paix !
Ce livre est donc le résultat de « collaborations » par le moyen de la poste entre 4 artistes différents et uni(e)s en même temps :
2 hommes, 2 femmes, 2 américains, 2 européens
qui sont assez mécontent de la réalité médiocre qui nous entoure et la réaction est d’inventer notre propre réalité par le moyen de développer un propre langage, ancré plus au moins dans la réalité sordide rejetée.

Ce REJET est lié sans aucun doute aux problèmes des guerres qui ne semblent jamais s’arrêter. On nous plonge chaque fois dans ce merdier sans cesse, sans fin, maintenant même au nom de l’humanité ! On parle de guerres « humanitaires » ou de guerres « pour la paix ». Vomissements au pouvoir !
L’écrivain anglais Georges ORWELL l’avait déjà compris en 1948 quand il publiait le livre visionnaire 1984.
Quelle comédie humaine !
C’est une des raisons que je préfère la république des animaux et pas celle des hommes qui n’aspirent qu’a écraser les autres pour des raisons très douteuses depuis l’aube de notre temps merdique.

Sur la couverture un petit texte lisible :
I shall invite you to lunch when the war is over =
Je t’inviterai à manger à midi quand la guerre sera terminée.
Une invitation absurde de ma part à KERRI PULLO ce qui implique :
On n’ira jamais manger ensemble car les guerres ne finissent pas.
Je considère d’ailleurs mes dialogues visuels avec Kerri (une des plus belles femmes du monde, je t’assure, elle est tellement belle que mes yeux croient de rêver) comme les pages les plus belles et réussites de ce livre…

Pourquoi ASEMICS, pourquoi la notion d’une poésie visuelle qui échappe au texte bien défini ?
Elle est née des guerres, du dégoût des guerres !
C’est comme l’art et l’artiste a un moment précis a décidé de dire :
Je ne veux plus des mots qu’on utilise pour nous dresser les uns contre les autres, les mots usés et manipulés n’ont plus de sens réel et donc sans à rejeter !
La poésie moderne en forme visuelle est née dans les tranchés de la première guerre mondiale par des recherches comment visualiser le texte d’un poème. Un exemple de cela : les calligrammes du poète français Guillaume Apollinaire.
Elle s’est développée après la deuxième guerre mondiale, aussi dans le texte même. Le poète juif allemand roumain Paul Celan trouvait que la langue allemande était tellement souillée par la barbarie nazi qu’il fallait la changer de nature, dans son écriture même et donc il invente une nouvelle langue allemande et il va écrire dans ce langage « plus au moins allemand » qui pose plein de ??? d’interprétation.

L’américain JOHN BENNETT fait cela à mon avis avec l’anglais.
Il découpe des morceaux de langage des journaux. Il les déchire, les recompose et invitent aux autres de réagir dessus, donc de les modifier encore plus. Les mots en miettes deviennent nouvelle écriture.
J’adore John Bennett ; je réagis chaque fois qu’il m’invite, j’ajoute des découpages en néerlandais sur des articles américains et espagnols, donc on mélange les langues, j’ajoute du dessin, des couleurs et des formes « osmoses » (unité ou fusion des corps humains, animaux et végétaux). Parfois on est capable de lire dans ce micmac des mots « lisibles ». Ont-ils leur importance ?
Sans doute MAIS c’est l’importance du HASARD et du jeu, surtout de cela car la « planification » est source de la peine et des douleurs, de l’exploitation de l’homme par l’homme et des constructions et des destructions des guerres qui sont la conséquence de cette folie meurtrière!

Nous opposons à cela la destruction des mots et des images propres par l’intermédiaire de la colle, des ciseaux, la déchirure volontaire des papiers, le trait, le dessin et les couleurs ;

J’ai un dictionnaire à la maison qui contient un vocabulaire de base dans +/- 20 000 langues du monde. Selon la bible c’est la construction orgueilleuse de la tour de Babel qui a offensé dieu et la punition adéquate était cette diaspora de langages pour qu’on ne se comprenne plus, pour qu’on ne se comprenne pas !
Je refuse cette explication à la con car :
1)   Je ne crois pas dans « un dieu »
2)   Je ne crois surtout pas dans un dieu de rancœur et de vengeance (invention de l’homme pour accélérer les processus de guerre)
3)   Je ne crois pas dans l’utopie d’une seule langue pour que les hommes se comprennent.
Est-ce-que les humains qui parlent la même langue se comprennent mieux et s’entendent d’office ?
NON, je m’entends plus avec des amis turcs ou portugais ou américains ou roumains qu’avec certains néerlandophones.
Et je pense que c’est le cas ou l’avis de la plupart de la grande majorité des gens « punis par la tour de Babylon ».
La punition fait partie intégrante du lavage des cerveaux permanents (SIC).

La première partie dans le livre de mes collaborations avec Bennett va encore plus loin et cela m’a coûté quelques discussions avec l’imprimeur hollandais. J’ai choisi de scanner nos travaux dans une résolution « petite » avec comme résultat (voulu et cherché de ma part) une vision presque myope des textes, images et couleurs.
C’est comme un homme qui voit la réalité « sans lunettes » bien qu’il a besoin de lunettes pour voir plus claire et en détail la réalité du monde.
Donc, son FOCUS est perdu. Il ne sait plus très bien ce qu’il est en train de voir ou de lire. C’est une expérience quasi quotidienne quand moi je regarde les infos à la télé ou quand je lis ou découvre les nouvelles dans des journaux, de la Dernière Heure à De Standaard.

Certains mots sont clairs et optimistes ( ?) mais assez rares :
-Saw Lumination = je voyais la lumination
-Glimpse worms evenings = coup d’œil des verres de terre de nuit
-Bed spill = le gaspillage au lit
-I seriously think I have a sleep disorder = je pense sérieusement que je suis atteint d’un trouble de sommeil
Ce sont des fragments de poésie qui n’expliquent rien mais qui témoignent d’un  constat de désarroi, étonnement et inquiétude à la fois.
Comment « dormir » en paix dans un monde « fou » ???

La deuxième partie des collaborations avec Bennett est différente. Le focus existe par une rythmique entre mot, image et dessin, entre homme et animal aussi, basé sur un mot/image clair et bien défini : EI.
Mot néerlandais qui signifie œuf.
L’interrogation du monde et de la mort devient une interrogation de la naissance qui nous est tombé sur le dos :
-Quand cela a commencé ?
-Pourquoi cela a commencé ?
-Comment cela va se terminer ?
C’est une interprétation assez tendre et par le jeu mixte et mélangé de mots et images sans valeur « en soi » ou sans signification directe sur notre existence et celui du monde dans lequel nous vivons car on ne sait pas séparer l’un de l’autre !
Dans un monde où l’homme s’est coupé de la nature il s’est coupé de lui-même et toute la merde a commencé après cette coupure idiote.
On vie encore dans cette période et ce ne sont pas les écolos qui vont changer cela car les verts sont des « humains centristes ».
On doit sauver la nature pour sauver l’homme, donc la dichotomie (la séparation) continue à exister et à nous préoccuper avant tout « pour le bien-être de l’homme comme espèce suprême, unique et maître de l’univers ». 
Bah bah bah…

Comme tu sais, j’adore le nouveau film de la saga La planète des Singes.
Appart le drame Shakespearien ou l’allusion à l’attentat des tours à New York, je constate l’intelligence des scénaristes.
« Le mauvais singe » est mauvais à cause des souffrances du passé, causé par l’homme. Il a été enfermé dans une cage, on a expérimenté de son corps, on l’a torturé pendant des années ! Comment peut-il avoir de la confiance dans les bonnes volontés de l’homme ? Impossible ou comme le « bon singe » l’exprime à un moment : la seule chose qu’il a appris de l’homme c’est de la haine ! Avec tout le bordel que cela enchaîne après.
C’est un film assez « sage » donc ; je pense maintenant directement au conflit Israélo - Palestinien ou comment La planète des Singes nous offre la possibilité du regard dans des miroirs multiples.

Les collaborations avec KERRI PULLO sont d’un autre type.
C’est purement visuel, pas de mots car les mots sont responsables de la souillure et de la destruction du monde.
Donc c’est un choix de se rencontrer uniquement dans le visuel, une fusion organique dans le dessin et dans une écriture visuelle de type « asémique ».
On s’inspire sans doute des écritures visuelles du passé : les hiéroglyphes égyptiennes, les caractères de certaines langues asiatiques MAIS on laisse le décodage dans les mains des regards ou dans les oubliettes.
On ne veut pas, surtout pas « expliquer » ce que nous prétendons à dire. C’est inutile et dangereuse même.
La beauté n’a pas vraiment besoin d’un dictionnaire explicatif.
Et si cela n’est pas vu, perçu ou reconnu, c’est notre faute. On a échoué et cela n’est pas grave. L’art se fait par ses échecs !
L’acteur John Cleese (Monty Python / Fawlty Towers et autres) disait :
« la vraie créativité est tué dans l’œuf par la peur de l’échec ».
Kerri et moi rejettent la peur. Nous sommes des humains franchement déprimés et illuminés. C’est tout. Moi en Europe et elle aux USA. Cela me conforte et me console. Ce n’est pas parce qu’on est triste qu’on ne sait pas rigoler d’avantage.

La fusion avec l’art de MARIANA SERBAN de Roumanie est encore une autre histoire.
On voit la religiosité et l’héritage du christianisme orthodoxe  dans ses dessins, la passion, la compassion, les sentiments de solidarité avec le chagrin du destin et le destin du chagrin.
Ces images communes sont notre deuxième collaboration.
La première qui ne fait pas partie de ce livre est venu de sa part.
Elle voulait faire un livre pour soutenir la croix rouge au Danemark.
Demande d’une Roumaine à un Belge pour un Danois, cela peut compter comme démarche internationale.
Elle m’a écris à ce moment : « Guido, je sais que tu penses différemment sur plein de choses mais j’estime qu’on doit faire quelque chose ensemble ».
Et je l’ai fait, sans aucune condition mais aussi sans aucune autocensure.
La croix rouge est une organisation fondée par la bourgeoisie pour « adoucir » les horreurs de la guerre. C’est du passé simple !
Aujourd’hui même la croix rouge ne sait plus fonctionner comme il faut, ni l’ONU. Ils ne savent plus faire ce travail de pansement, voir Gaza – Syrie – Soudan – Érythrée - Iraq.
On évolue mais dans le mauvais sens.

Retournons un peu en arrière, vers l’histoire de la grande Europe.
On considère les périodes de la Renaissance, du Baroque ou du Rococo comme les grandes fresques de la culture et de la civilisation européenne. J’ai ajouté le mot SOLD (vendu) !
Car pendant que les chefs d’œuvres artistiques de ces périodes naissaient et se développaient le peuple avait FAIM et mourait souvent dans des conditions atroces car les « riches et nobles » s’en foutaient royalement du sort du petit peuple.
C’est surtout la tristesse de ce constat historique qui est visualisé dans la série d’images / textes communes.
Homme dormant / homme mourant / homme en douleur / homme en prière parfois/ homme observant devant ou en face du constat d’échec de ce monde absolutiste.
Accompagné par quelques références artistiques et historiques lié à la résistance contre les guerres qui sont la destruction de NOTRE humanité COMMUNE.

Quelques mots d’évidence et de complice :
-ELEFENIX = mouvement mythique pour la paix, fusion du mot éléphant (qui ont une longue mémoire) et de phénix (oiseau qui renaît de ses propres cendres), mot inventé par mon amie, l’écrivain Liza Leyla.
-DE TIJD TIKT = le temps se presse et fait tic tac, comme une bombe quoi.
-AMBASSADORS OF LOVE = les ambassadeurs de l’amour
-DE STRIJD OM DE HERINNERING = la lutte pour la mémoire (car la mémoire est effacée ou récupérée par l’élite au pouvoir, on doit arracher de leurs mains perfides notre mémoire, notre histoire et refuser chaque négationnisme : voir le génocide Arménien, mais aussi l’esclavagisme, la question flamande en Belgique, les raisons derrière la première guerre mondiale, etc..).
-BARBARA = référence au poème assez connu du poète français Jacques Prévert : Barbara, il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là (et la pluie ce sont les bombes de la guerre).
-LE REPOS ETERNEL, pas de commentaire
-UNDER THE PEACE UMBRELLA = sous le parapluie de la paix, référence à l’installation magnifique et pacifiste de l’artiste bulgare CHRISTO(*)  qui avait implanté des milliers de parapluies et de parasols sur des collines pour protéger les gens contre les guerres. J’adore cette installation majeure de l’art contemporain  car elle démontre aussi l’inefficacité et la fragilité des hommes de bonne volonté : comment se protéger contre les bombes avec des parapluies ? Impossible !
-PEACE DOVE = pigeon de la paix qui « occupe » un œil d’une femme en larmes et ses larmes sont rouges comme le sang versé de toutes les victimes des guerres.
Notez aussi que le STOP SIGN HALT WAR (arrêtez la guerre) est à l’envers car les guerres ne s’arrêtent pas du tout.

L’art qui oppose la guerre non plus MAIS cela est une maigre consolation. C’est vrai : l’art ne tue pas mais peut faite mal aux yeux (petit sourire de ma part).

L’homme peur arrêter les guerres quand il veut mais cela ne sera pas pour demain ou après-demain. Alors les paroles et les discours, les langues de bois, je les mets entre "   " …
Je préfère les images et des fragments de textes illisibles ou des codes obscurs, des idéogrammes, des calligrammes qui posent avant tout des  ????  sur notre passé, présent et futur.

Et maintenant je me tais AVANT qu’on me fait taire.



Guido Vermeulen
Aout 2014

PS 
(*)
Christo a aussi emballé des monuments tâches par l’histoire comme le Reichstag (le parlement allemand) et même la muraille de Chine.


Second comment in French for another friend:


About mail art collaborations :
Occupons la mémoire et l’espace publique

Cher Philippe,

Analogie avec le mouvement avorté ( ?) « Occupy Wall street » :
Il est important et urgent d’occuper la mémoire et de l’arracher des griffes de l’histoire « officielle » en textes et en images.
DE STRIJD OM DE HERINNERING est de tout les temps et se bats sur tous les terrains, y compris dans l’art et la culture.
D’où vient maybe le terme de « contre-culture » utilisé beaucoup pendant et depuis les années ’60 et ’70.
Contre le langage et la culture officielle est posée une autre vision du monde. Est-ce un hasard que l’art postal est né vers 1966 ? Non…

Ce qui reste remarquable est la durée de ce mouvement internationale et internationaliste qui veut « englober » et unir le monde, en opposition aux divisions, aux guerres et conflits mesquins.
Guerre froide ? On s’en fou et on établi des projets communs USA-Cuba, USA-Russie, USA-Corée.
Certaines discussions internes apparaissent chaque fois qu’une nouvelle génération découvre avec stupéfaction ce réseau « atypique » qui semble de réussir chaque fois à s’échapper à la commercialisation de l’art et donc aux lois du marché.
Tant pis pour ceux qui pensent qu’on ne sait pas ébranler les lois « universelles » du marché « divin ».
Tant pis pour les galléries et les musées car la vraie créativité vivante est ailleurs. Je vois les tentatives d’incorporer le MAIL ART dans les musées par les musées surtout dans ce contexte.
L’art postal n’est pas un mouvement de « décorer des enveloppes » bien que certains pensent que c’est cela. Quand les petits bourges découvrent le mail art l’expression artistique devient un petit pois vert et léger à croquer.

L’art postal veut avant tout arracher l’image, le mot et la mémoire pour les retourner dans l’espace publique commune du monde par les moyens existants : la poste, l’Internet et même dans la rue par la pratique par exemple des performances.
Tous les espaces publiques nous appartiennent !
Mais cela est une lutte permanente car chaque fois le pouvoir essaye de les confisquer par des arguments de plus en plus douteux.
Voir : il faut réglementer l’Internet pour combattre les abus ; ces abus sont exposés et surexposés intensivement par les médias mais pas ceci par exemple :
Une femme juive à New York lit publiquement dans la rue une liste provisoire des noms d’enfants massacrés à Gaza et vient d’être arrêté par la police.
C’est symbolique à tous les niveaux…

SI le droit à la parole est réservé aux élites du pouvoir (politique, économique, culturel, médiatique) il vaut mieux détruire les paroles.
Si l’image et le langage deviennent expression du pouvoir il vaut mieux de les détruire, de les recomposer, de les donner un autre sens ou signification.
L’obscurité fait partie du sauvetage, elle échappe l’œil des censeurs qui ne comprennent pas tout, heureusement.
L’art postal ne veut pas pratiquer un langage ou une interprétation ou lecture commune ou unique du monde.
L’art postal refuse le lisible « clair, uniforme, facile, bien-défini ».
L’art postale résiste à la vérification et le contrôlable, aux visions uniformes , unilatérales ou  uniques du monde.
Cela se manifeste surtout quand on décide soudain de « collaborer » ensemble.
Pour le reste, voir la lettre à Ferid.


GV
9 /08/2014


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